EXTERIEUR
La basilique a un plan rectangulaire. Des
gargouilles, figurant des moines, des diables et divers animaux
monstrueux dont certains avalent des hommes, ceinturant l'édifice sur
trois faces. Ces gargouilles, en forte saillie, dépassent parfois la
paroi des murs de 1.50m. La façade est dissymétrique, ce qui est
caractéristique du style breton. Elle se compose pour l'essentiel de
deux pignons. L'ensemble du bâtiment est dominé par la flèche,
haute de soixante mètres, en pur et dur granit breton. Elle porte un
bourdon de près de cinq mille kilos qui prête sa voie puissante
aux grandes solennités.

Trois nefs de largeur très inégale se partagent le vaisseau.
1 - LA NEF CENTRALE
Comme dans beaucoup de nefs gothiques, le choeur de
l'église est légèrement déporté vers la gauche et ne se trouve pas tout
à fait dans l'axe de l'allée centrale. La grande verrière du fond
attire d'emblée le regard. Ce vitrail est de la fin du XIXème siècle.
Il reproduit les mystères du rosaire avec, en bas, les portraits des
membres de la famille de Rohan, qui, au cours des siècles, ont
spécialement contribué à l'édification ou à la décoration de cette
église.
En contrebas, le maître autel, toujours du XIXème siècle,
est en granit de Lannion et marbre de Carrare. Il est flanqué à sa
droite d'élégantes piscines de pierre de la fin du XVème siècle, et à
sa gauche d'un tabernacle du XVIème siècle orné de têtes de chérubins.
Le
choeur fut voûté au XIIIème siècle. Il offre un magnifique exemple de
voûte en ogive. Celles-ci sont reçues par de courtes colonnettes
engagées dans le mur et supportées par des têtes d'homme.

A gauche du choeur, trois courts et gros piliers
sont à peu près les seuls vestiges de l'église romane reconstruite
après les destructions d'Henri II Plantagenet au XIIème siècle. Les
chapiteaux, bien que remaniés, donnent une idée de la sculpture
romane en Bretagne à cette époque. Les motifs sont très variés. Ils
déroulent tout au long des frises une décoration principalement animale
et végétale. On y voit des feuilles de chêne, des crossettes, figures
géométriques très utilisées dans l'art celtique, et un chien, qui est
le seul exemple connu en Bretagne, d'après l'historien Roger Grand.
Olivier
de Clisson entreprit la reconstruction de la nef centrale. Les
deux premières travées sont de la fin du XIVème siècle.
Il
convient de signaler, tout au fond de la nef, une tribune qui supporte
un buffet d'orgue très remarquable du XVIème siècle. Les orgues
elles-mêmes, dotées de 20 jeux aux sonorités remarquables, sont signées
: LEHELLOCO 1674. Ces orgues ont été restaurées en 1990.
Il faut
enfin admirer la chaire, chef d'oeuvre de ferronnerie d'un artisan du
pays : Eustache Roussin. Elle est du XVIIIème siècle. La rampe est
admirable, ainsi que la représentation allégorique des quatre
évangélistes, située à ses pieds.

2 - LA NEF NORD
Achevée en 1491, elle a subi d'importantes
transformations à la fin du XIXème siècle et au début du XXème
siècle, du fait de la suppression de la tour-clocher qui y prenait ses
assises et de l'ouverture du mur Est pour l'aménagement de l'actuelle
chapelle Notre-Dame du Roncier, autrefois chapelle Sainte-Catherine.
Parmi
les verrières qui éclairent la nef, on observera celle du transept.
Offerte par le duc de Montmorency-Périgord, en souvenir de son épouse,
Anne de Rohan-Chabot, elle resprésente le courage dans la bataille.
L'oeuvre est remarquable par sa composition et son coloris. Signée de
Grüber, elle fut posée en 1932.

3 - LA NEF SUD
La nef sud est la plus étroite. L'achèvement eut
lieu vers 1470, en même temps que celui du vaisseau central.Olivier de
Clisson fit élever la chapelle Sainte-Marguerite, du nom de sa deuxième
femme, Marguerite de Rohan. Clisson réserva la chapelle à son usage et
la sépara du choeur par un fin grillage de granit, derrière lequel il
se plaçait avec son épouse. Ce grillage est une remarquable dentelle de
pierre.
Mort à Josselin, Olivier de Clisson voulut y être
enterré à côté de Marguerite. On construisit le cénotaphe qui se
trouvait à l'origine dans le choeur central. Il a été très mutilé
pendant la Révolution (les pleurants ont été décapités) et
restauré en 1856.

Le clocher : il a été terminé en 1949, mesure 61m. On peut y monter = 138 marches. Accès libre en été. Fermé de la Tousssaint à Pâques.